Décès de Denis Delobre

Denis était né à Saint Etienne en 1933, entré au noviciat en 1958, prêtre en 1968.
Il est mort le 17 mars 2017. Et a été enterré le 22.

 

 

Denis était compagnon de Jésus – jésuite – . Grâce à Jésus – grâce également à Ignace – , il fut compagnon de tant d'autres. Dont chacune, chacun d'entre nous.
Aux novices que nous étions, il disait : « J'aurais aimé connaître deux personnes qui nous ont précédées : Ignace et Jésus. » Parfois, il commençait par nommer Jésus, et parfois par nommer Ignace. Très souvent, ils parlait des deux ensemble.

« Va et deviens »
Il était entièrement cela, il existait ainsi. Complètement dans le temps présent. Et bâtisseur de l'« à-venir ». Il en était lumineux de sa présence et juste de sa parole. Et parce qu'il s'alimentait à une telle source, il permettait à d'autres de se mettre en chemin, en labeur – Denis était fondamentalement un artisan – vers une telle qualité d'existence. Il appelait à naître, à renaître, à ne pas s'arrêter. Avec une attention particulière pour les jeunes jésuites: les novices dont il fut neuf années un maître tout fraternel et tout exigeant, ces dernières années, les scolastiques de divers pays du monde dans sa communauté à Paris. Souvent en voyage, il les retrouvait à chaque fois avec joie, je dirai même avec délectation.

Face à une telle force de vie, qu'il référait au Christ – en le nommant ou pas –, la maladie l'a décontenancé un moment. Elle fut si brutale, si douloureuse aussi. En communauté, nous l'avons vu perdre pied un instant. Et bien vite, il goûtait de nouveau les moments de vie. Car il s'est rendu compte rapidement qu'ils ne seraient plus très nombreux.

Tous ou beaucoup, nous avons l'heureuse mémoire du goût de Denis pour la fête.

Il était un contributeur hors pair de nos gaudiosas jésuites. Ses imitations, ses histoires drôles, son goût du théâtre faisaient merveille.

C'est avec cette qualité d'être qu'il a préparé et vécu l'eucharistie communautaire du lundi 20 février. Celle où il a vécu le sacrement des malades. Il nous partageait alors : « Ce regard porté sur ce que je vis nécessite le calme, l'écoute, la confiance envers moi-même et envers chacun d'entre vous. Confiance, ne pas imaginer mais vivre moment présent, après moment présent. »

Huit jours seulement avant sa mort, je l'ai accompagné pour faire du vélo d'appartement. Nous avions 3 étages à descendre. Il tenait difficilement debout. Mais lorsqu'il fut sur le vélo, il a déployé une énergie, son énergie. Il exprimait sans aucune fioriture sa joie d'être et de vivre. Jusqu'au bout.

Après sa mort, il est revenu chez lui, en communauté. Ce fût un nouveau cadeau. De nous réunir auprès de lui, seul ou à plusieurs. Ainsi, des jésuites et tant de ses amis ont pu lui rendre, dans des pleurs aussi, une visite d'amitié et de gratitude.