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07 juin 2022

La feuille de route du GIEC pour la transition climatique

Publié le 4 avril dernier, le 3e volet du rapport 6 du GIEC fait référence chez les décideurs du climat. Antoine Bonduelle (81 ILI), réviseur-expert du GIEC, revient pour nous sur les mesures et solutions préconisées dans ce rapport, afin d’atténuer le réchauffement et ses impacts.

Réviseur-expert du GIEC depuis 2005, il a fondé le Réseau Action Climat (reseauactionclimat.org), le principal groupement français d’ONG de solidarité et d’environnement sur ce thème. Il gère le bureau d’études E&E Consultant (ee-consultant.fr) et enseigne la transition climatique (IMT Douai, SudTelecom, EIL-ULCO…).


 “Avec la publication du dernier rapport du GIEC (Groupe d'ex-perts intergouvernemental sur l'évolution du climat), la presse a beaucoup parlé de l’urgence climatique, qui nous demande de sortir sans barguigner et en très peu d’années du charbon, du pétrole et du gaz. Elle a bien relayé l’immense potentiel des énergies renouvelables élec-triques, disponibles rapide-ment et au meilleur coût. Par ailleurs, un chapitre entier du rapport couvre les modes de vie et de consommation. La sobriété y est décrite dans ses dimen-sions d’intelligence technique, dans l’organisation collective (mieux utiliser un local public ou un véhicule…) ou encore dans la nécessité d’adopter des condi-tions matérielles moins gaspil-leuses : régime moins carné, vé-hicules plus légers, abstention de voyages inutiles…

" La presse a bien  relayé l’immense potentiel des énergies renouvelables électriques, disponibles rapidement et au meilleur coût.

 

Voici cinq idées majeures développées dans ce rapport - à côté d’autres chapitres moins explorés mais qui, souvent, interpellent :

  • L’Accord de Paris n’est pas un « sous-Kyoto », mais permet un « crantage » régulier et systématique des engagements de tous les pays. On l’a vu à la COP26 de Glasgow où les États se sont engagés pour une réduction d’1°C supplémentaire.
  • L’électricité devient dominante avant 2050 dans les bilans, pour profiter des productions renouvelables (éolien, solaire photovoltaïque…), mais aussi pour bénéficier de procédés performants comme les véhicules électriques, les pompes à chaleur ou la numérisation.
  • L’industrie lourde d’élaboration de matériaux dispose déjà de feuilles de routes techniques et économiques crédibles. Environ la moitié du chemin provient de procédés innovants, et le reste, de l’économie - et du recyclage - des matériaux.
  • La transition des pays émergents représente la majorité du travail à accomplir, avec - comme dans les pays développés - une proportion importante d’infrastructures à détruire avant terme, comme les centrales électriques, réseaux ou chaudières à fioul ou gaz… Il s’agit de sommes considérables à transférer et investir en sortant des secteurs « néfastes ». Mais le monde s’en portera mieux pour son économie, son climat et la vie de ses habitants.
  • Enfin, une trajectoire vertueuse pour le développement est d’adopter directement des technologies avancées. De même, les objectifs du développement durable (ODD) ne sont pas qu’un supplément d’âme ou d’équité, mais un cadre essentiel pour décider la transition et mettre en œuvre ses priorités.”

 

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